Comme je l'avais prédis, la soirée c'est passé malencontreusement ennuyante. J'étais contrainte à maintenir une politesse remarquable et eut droit à trois vieux films, que j'ai visionnée complètement seule, pendant qu'eux, riaient aux éclats dans la cuisine et discutait de tout et de rien de leur minable vie. Mais ça m'a permis de repenser aux trois jeunes de la forêt, me questionnant sur le pourquoi se promenaient-ils dans les bois quand un meurtrier rôdait dans les parages. Moi, à leur place, je barricaderais la porte et resterais enfermée en compagnie de mon père. Mais ces jeunes paraissaient ne pas être effrayés par les soudaines disparitions et meurtres depuis certains temps. Il avait même l'air un peu trop au courant. Cela à aussitôt éveillé ma curiosité et j'espérais maintenant les apercevoir dans l'école, demain.
Mais lorsque que je pensai le mot « demain » et « école » je suis aussitôt mise à angoisser et mon rythme cardiaque avait accéléré. Un n½ud se forma peu à peu dans mon estomac. Je déteste ce sentiment !
C'est alors que je sortis mon lecteur CD pour enfin entendre la mélodie apaisante de Yiruma avec son chef-d'½uvre River flows in you. J'ai toujours rêvée de jouer du piano, mais lorsque j'ai tentée une note sur cet sublime instrument, j'ai sus que cette voix ne me correspondait pas du tout.
Et c'est, les écouteurs dans les oreilles, que je m'endormis, méditant toujours sur ces trois étranges personnes faisant résonner des soupçons dans ma tête.
Une lueur bleuâtre, mais vive, me réveillai doucement, comme si elle craignait de me faire perdre les plombs. Et elle avait tout à fait raison. Ce jour est arrivé et c'est en gémissant que je me retrouvais maintenant par terre, enroulé par ma couette. Je me débattis avec spoliation avec celle-ci et après quelques minutes de bataille, je réussis à la vaincre, haletante. Tu parles ! Ma journée commence très bien !
Je me rendis aussitôt dans la cuisine, anxieuse, habillée et peignée. Enfin, peigner est un grand mot. J'avais une couche assez épaisse de cheveux et ça me prenais bien plus qu'une seule minute à les lisser. Je dois dire que ma tignasse brune à un assez gros caractère !
Après avoir accomplis ma routine matinal, je me dirigeai, le pas nonchalant, vers l'école. Je devais calmer mes tremblements et fait taire les battements inutilement trop fort dans ma poitrine. Après tout, je ne vais pas mourir ! Enfin, si, mais en d'autres termes, voilà tout. Et si jamais je les recroisent ? Dans un sens, je le souhaitais drôlement plus que nécessaire, mais une autre partie de moi le refuse et s'entête à ne parler à personne d'autre qu'à moi-même. Mais cela se révélerais bien trop terrifiant pour les élèves, le premier jour de classe, certes. Je vais me contenter que d'improviser au fur et à mesure que les secondes s'écouleront. Juste à penser que les minutes de cette journée vont s'écouler terriblement lentement, j'eus une boule dans la gorge.
Je ne suis qu'une folle ! Avoir d'avantage peur d'un simple petit premier jour d'école que d'un meurtrier qui s'attaque aux enfants. Pathétique !
Arrivée dans la cours d'école, j'aperçus plusieurs regards curieux se poser sur moi. Je les évitait sans peine et regardai droit devant, essayant d'avoir une allure assez acceptable – cela se révélait bien plus difficile que je ne l'imaginais - tripotant maladroitement la fermeture éclaire de ma veste. Décidément, la journée s'annonçait sublime !
J'étais maintenant assise seule à une table à manger de la cours d'école, admirant le magnifique paysage qui s'offrait à moi. J'avais beau parler en mal de cette petite ville, mais le spectacle de la nature n'était que plus impressionnant. Des hautes montages, que le soleil reflétait à merveille. Et la forêt semblait enchanter tout les randonneurs et les passionnés de la nature. Et le lac, que dire de lui ? J'avais certes l'intention d'aller faire une promenade au bord de celle-ci que pour rêvasser, méditer.
- Magnifique, non ? Dit une voix masculine, derrière moi.
Sursautant, je me retournai à toute vitesse, identifiant l'un des garçons de ma classe qui se trouvait à côté de moi, en cours de moral. Il possédait de cheveux brun, court et des yeux noisette. Il était assez fin et fluet, mais semblait adopté une certaine force.
- Euh... Oui, bafouillai-je en reposant mon regard au point de départ.
Après quelques secondes de silence embarrassantes, il décida de prendre la parole.
- Je peux m'asseoir ?
J'acquiesçai d'un bref sourire, me déplaçant vers la droite, lui laissant le maximum de place à mes côtés. Dans les petites écoles, les rumeurs sont vite forgées !
Continuant à mordiller dans mon sandwich, je l'observais timidement du coin de l'oeil.
Je sursautai lorsqu'il a enfin finit par oser une phrase.
- Je m'appelle Jonathan, et toi ? Sourit-il, me tendant sa main.
- Abélia, finis-je par soupirer, timide.
Il plissa le front. Non, s'il-te-plait !
- Comme la fleur ! Se réjouit Jonathan d'un sourire scintillant.
Je soupirai, acquiesçant, mais celui-ci ne sembla pas offusqué par mon exaspération. Même qu'il n'a pas eu l'air de le remarquer.
- Alors, tu te plais bien, ici ? Demanda-t-il avec enthousiasme.
Je pinçai les lèvres. Inutile de lui mentir, ça ne servira à rien.
- C'est compréhensif si je te disais m'ennuyer de mes anciens amis ?
Il imita une moue de sympathie désagréable, puis prit une énorme bouché de son sous-marin. J'en venais à me questionner du comment il faisait pour avaler tout ça en même temps sans que tout ça n'envahissent le sol.
- Ouais, je comprend, conclut-il, la bouche pleine, marquant même de m'envoyer un morceau de salade dans l'½il.
Malgré sa maladresse, je le trouvai à l'instant assez sympathique.
Je ris lorsqu'il s'excusa, tentent de nettoyer le dégât.
Après avoir finit entièrement son sous-marin, il s'attaqua à son gâteau au chocolat. Mais où mettait-il toutes cette nourriture avalée, nom de Dieu ? Souriant, je continuai à regarder l'horizon d'un ½il admiratif et rêveur. Mais lorsque j'aperçus deux élèves rigoler ensemble, mon sourire s'effaça à l'instant pour laisser place à la curiosité.. Pas n'importe quels élèves, non, mais ceux d'hier, de la forêt. Les deux garçons. Je les observais attentivement, ne manquant pas aucun de leurs mouvements. Mais où était la jeune fille ? Aucune trace d'elle dans les parages.
Mais lorsque le regard du plus jeune des deux croisa le mien, je ne pus m'empêcher de détourner celui-ci, effrayée. Pour quelle raison ai-je peur ? Il ne c'est pas montré agressif, envers moi. Il n'a même pas daigné me reluquer de façon exagéré. Me mordillant la lèvre, je regardai mes doigts, les trouvant soudainement très intéressant.
- Le brun, c'est Calleb Rossoll et l'autre là, le roux, c'est Emmanuel Lacourt. Ce sont des amis depuis leur enfance et la fille qui se tient habituellement avec eux, la compagne de Calleb, c'est Avana Lacourt, la soeur d'Emmanuel, m'informa Jonathan, apercevant mon regard trop insistant à leur égard.
Je n'ai absolument rien compris à ce qu'il a dit là, mise à part leur nom accrocheur.
- Euh... Alors, Emmanuel et Avana sont frère et soeur, c'est bien ça ? Demandai-je, complètement désorienté par la vitesse qu'à prit Jonathan pour tout m'expliquer.
Il acquiesçai et rajouta le reste de l'information qui resta, cette fois, forger dans ma ma mémoire.
Je n'osai plus les observer de peur de croiser le regard d'Emmanuel, je crois, mais je suis bien trop curieuse pour respecter mon engagement. Ils étaient assis sur un banc, discutant maintenant de choses sérieuses, on dirait. Leur visage était solennelle mais leurs paroles m'échappèrent. Je ne réussissais à peine qu'à entendre du charabia et des marmonnements. Je me concentrai de plus en plus sur leur lèvres, plus particulièrement à celles d'Emmanuel espérant arriver à lire sur celles-ci. Sans résultat valable, je dois dire... Mais lorsque je remarquai à quel point j'avais l'air idiote, je me redressai, puis prit une gorgée de mon jus, marquant de m'étouffer avec.
- Ne me dis pas que toi aussi tu as craqué pour Emmanuel Lacourt ? Exaspéra Jonathan, un mince sourire aux lèvres.
Ça m'a pris plus de temps que je ne le croyais à me ressaisir et à comprendre le sens de sa phrase qui semblait frôler le ridicule.
Plissant le front, je rétorque :
- Absolument pas ! Il est simplement assez... beau.
Je n'arrivais pas à croire que j'ai pus lui avouer ceci, un inconnus. Mais quelques sous-entendus dans sa phrase m'irritai, m'intriguai.
Il roula les yeux, exaspéré. À croire que je n'étais pas la seule à trouver sa beauté frappante. Mais de là à tomber amoureuse d'un coup de tonnerre !
Je décidai en vain de céder mon examen et de porter mon regard sur autre chose que sur eux.
La cloche finit par sonner, coupant ainsi notre conversation assez peu intéressante, cela dit. À ce moment, une voix à résonné dans ma tête « Sauvé par la cloche ! » Que cette expression porte bien !
Jonathan s'est donc porté volontaire pour m'accompagner à mon prochain cours : Science Naturel.
Arrivé dans la classe et enfin débarrassé de Jonathan, je m'assis, perplexe, à ma place, constatant la présence d'Avana et de Called, mais aucune trace d'Emmanuel, le plus jeune et sans doute le plus beau. Il n'était probablement dans aucun de mes cours, à bien y penser. Mais c'est lorsque je pensai ces mots qu'un garçon passa sereinement la porte. Emmanuel se trouvait donc dans mon cours de science...
Lorsque son regard bleuâtre croisa le mien, je le détournai aussi pour me concentrer, une fois de plus, sur mes doigts. Il vint s'asseoir souplement à un pupitre à l'avant de la classe, loin de moi.
Le professeur donna naissance à son cours et c'est avec allégresse qu'il s'immobilisa devant moi, me souriant comme un niais. Je levai doucement la tête vers lui, me renfonçant dans mon siège, intimidée.
- Alors, c'est donc toi, la petite nouvelle ! Je te prierais de te présenter à la classe, m'invita-t-il d'un sourire éclatant.
Il ne se doutait certes pas à quel point je le haïssais, en l'occurrence !
Mais c'est avec acharnement que je me présentai à la classe, mais aussitôt que je prononçai mon nom de famille, Emmanuel et compagnie s'est figé. Ça m'a complètement décontenancée et j'ai alors oubliée de parler, me concentrant sur sa réaction.
Le professeur me fit rasseoir, me rajoutant de ne pas m'inquiéter et que l'angoisse était dans le coup. Je me rassis donc à une vitesse hallucinante, comme si mes jambes venaient de me lâcher. Ça y ai, j'ai réussis à me ridiculiser devant la classe entière, la première journée d'école. C'est le chaos !
Tout les élèves se sont arrêter devant le seuil de la forêt, écoutant les règlements que lançait le professeur. Nous devions randonner dans la forêt en équipe comptant deux personnes et nous devions rester dispersés. À l'aide du manuel du guide de la fleur, nous devions trouver les fleurs demander dans le livre afin de mener une expérience. Évidemment, j'ai eus droit au « Ah ! Moi je viens de trouver une Abélia ! » Sales comiques ! J'en voulus donc à ma mère de m'avoir baptisé ainsi.
Soupirant, je m'assis sur un tronc d'arbre, attendant qu'un élève assez aimable pour accepter de travailler avec moi, mais hélas, tous avait un coéquipier, sauf un... Non, pas lui, pitié ! Emmanuel se trouvait également seul, regardant la forêt, mais il finit par poser un simple regard sur moi, puis s'approcha d'un pas lent et pessimiste vers moi. J'étais désespérante à ce point ? Je finis par me mettre, titubante, sur mes pieds, puis m'immobilisa devant lui, lèvres pincées.
- Comme on se retrouve... rigola-t-il, comme pour détendre l'atmosphère.
J'acquiesçai, surprise qu'il m'eut adressé si gentiment la parole.